Du joaillier parisien à la manufacture horlogère
Louis-François Cartier fonde la maison à Paris en 1847, d'abord comme joaillier avant de devenir un fournisseur de cour recherché en Europe. C'est son petit-fils Louis Cartier qui fait entrer la maison dans l'histoire de l'horlogerie en 1904, en dessinant à la demande de son ami l'aviateur Alberto Santos-Dumont une montre-bracelet permettant de lire l'heure sans lâcher les commandes de son appareil, une des toutes premières montres de poignet pensées pour un usage pratique plutôt que décoratif. Ce modèle donnera naissance à la ligne Santos, toujours au catalogue plus d'un siècle plus tard.
Ce qui fait la marque
Cartier reste avant tout perçue comme une maison de joaillerie, ce qui distingue son horlogerie du reste de l'industrie : ses montres sont d'abord pensées comme des objets de style avant d'être des démonstrations de complexité mécanique. La marque a longtemps fait appel à des mouvements fournis par des tiers avant d'investir massivement, à partir des années 2010, dans une manufacture horlogère intégrée en Suisse. Cette bascule vers la production interne de calibres a changé la manière dont la presse spécialisée parle de Cartier, désormais davantage reconnue pour son savoir-faire mécanique propre, notamment sur les montres squelettes où les ponts prennent la forme de chiffres romains.
Calibres emblématiques
Le calibre 1904 MC, lancé en 2010, est le premier mouvement automatique entièrement conçu, développé et assemblé par la manufacture Cartier. Il porte ce nom en hommage à l'année 1904 et repose sur deux barillets montés en série, ce qui lui assure un couple plus régulier sur une réserve de marche de 48 heures. Le calibre 1847 MC, introduit en 2015, est le premier mouvement automatique de la maison pensé pour une production de plus grande série : il affiche une réserve de marche de 40 heures à une fréquence de 4 hertz et équipe notamment la Santos de Cartier. Le calibre 9611 MC, à l'origine de la Santos 100 Skeleton présentée en 2009, est un mouvement squelette breveté dont les ponts sculptés en forme de chiffres romains indiquent eux-mêmes l'heure, une prouesse que Cartier revendique comme unique dans l'industrie.
Ce qu'il faut savoir avant une révision
Cartier recommande un contrôle fonctionnel ou un service complet tous les six ans. Un service complet donne droit à une garantie de vingt-quatre mois à compter de la date de révision, mais la marque précise que cette garantie internationale ne s'applique que si toutes les interventions recommandées par la maison ont bien été réalisées à sa demande. Le site officiel ne publie pas de tarif détaillé pour le service complet ni de délai standard, celui-ci dépendant de la disponibilité des composants : il faut passer par un devis auprès d'une boutique ou d'un centre Cartier pour obtenir un montant précis. La marque ne mentionne à aucun moment d'agrément accordé à des horlogers indépendants pour l'entretien de ses calibres manufacture.
Pour aller plus loin
La page mouvements de cartier.com présente les principaux calibres manufacture développés depuis 2010. La page service complet du site français détaille les conditions de garantie après une révision. Wikipédia retrace l'histoire de la maison depuis sa fondation parisienne en 1847 jusqu'à son entrée dans le giron du groupe Richemont.